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Christ-Roi - Année A

34e Semaine ordinaire - du 20 au 25 novembre 2011

par le Père Michel Gitton

samedi 19 novembre 2011

25. 31 «  Lorsque le Fils de l’Homme viendra dans sa gloire accompagné de tous les anges, il s’assiéra sur le trône de Gloire, le sien. 32 Toutes les nations seront amenées devant lui  ; il séparera les uns d’avec les autres, comme le berger sépare les brebis d’avec les chèvres. 33 À sa droite il rangera les brebis, et à sa gauche les chèvres. 34 Alors le Roi dira à ceux qui sont à sa droite  : « Venez, les bénis de mon Père, prenez possession du Royaume qui est préparé pour vous depuis la création du monde. 35 Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger  ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire  ; j’étais étranger et vous m’avez accueilli, 36 sans vêtement, et vous m’avez habillé. J’étais malade et vous m’avez visité, j’étais en prison et vous êtes venus vers moi.  » [...]

© LA BIBLE DES PEUPLES / ÉD. DU JUBILÉ


La fête du Christ Roi comporte, comme on sait, bien des facettes. Tantôt la royauté du Christ est contemplée du point de vue des derniers temps (où elle prendra toutes ses dimensions), tantôt elle est prise en un sens tout intérieur (Jésus roi de nos cœurs), ou purement ecclésial (le Bon Pasteur qui a soin de ses brebis). Il faut bien reconnaître que le sens premier de la fête, ce qu’on appelle la «  Royauté sociale du Christ  », a plus de mal à passer pour les croyants d’aujourd’hui.

Comment soutenir, à l’heure de la laïcité et de la démocratie, que le Christ est «  roi  » des sociétés humaines, et que celles-ci devraient le reconnaître sous peine de perdre toute dignité  ? Pourtant, l’institution de la fête par le Pape Pie XI ne laissait pas de doute sur ce sujet et la prière d’ouverture qui est toujours celle de la messe de ce jour est restée fidèle à cette orientation  : Dieu éternel, tu as voulu fonder toutes choses en ton Fils bien-aimé, le Roi de l’univers  ; fais que toute la création, libérée de la servitude, reconnaisse ta puissance et te glorifie sans fin…

Le bienheureux Jean-Paul II est sans doute un de ceux qui ont le plus sérieusement renouvelé la question. Quand il est arrivé sur le trône de saint Pierre, il a trouvé une église divisée (en gros) entre les tenants d’un repli sur le spirituel et les champions de l’engagement temporel à outrance. Autant il était proche des premiers par son intense vie de prière, autant il a su manifester l’intérêt de l’église pour la vie des sociétés, sans tomber dans les errements d’un christianisme politisé  : trois encycliques «  sociales  », des voyages dans près d’une centaine de pays pour rencontrer des peuples et leurs dirigeants, d’innombrables interventions au-dedans et en-dehors de l’église, ont laissé une trace profonde.

C’est lui qui a réussi à faire revenir dans le vocabulaire chrétien les mots de «  nation  » et de «  patrie  », révélant qu’il y avait un dessein de Dieu sur ces groupes humains qui ont en commun une histoire, des valeurs, une culture et sans doute une mission. Loin de tout chauvinisme ou nationalisme, il s’agissait de montrer que notre expérience de l’universel passait par la reconnaissance de nos racines dans un peuple concret.

C’est lui qui a montré la beauté et la noblesse d’un engagement chré­tien au service de la cité, qui n’est pas un pur activisme temporel, mais qui découle tout entier d’une vision religieuse de l’homme, appelé à s’é­panouir lorsque les plus hautes exi­gences de son âme (l’aspiration à la beauté, à l’amour, à la foi) sont res­pectées. Appuyé sur l’expérience de mouvements comme Solidarnosc ou Comunione e Liberazione, ou encore de la communauté Sant’Egidio, il a montré que ce service pouvait être un moyen efficace de peser sur les événements et d’entraîner des changements significatifs, sans que ceux qui s’y engagent y perdent leur âme.

Surtout, c’est lui qui a réussi à revisiter suffisamment en profondeur la doctrine des Droits de l’homme pour lui enlever la menace dont elle était chargée jusque-là à l’égard du christianisme. Rappeler les droits imprescriptibles de la personne hu–maine n’était plus dans sa bouche une revendication d’autonomie de la part de l’individu coupé de Dieu et des autres, mais l’invitation à reconnaître une nature humaine voulue par le Créateur et, au cœur de cette nature, l’appel à la transcendance qu’aucune loi humaine ne peut restreindre. La démocratie, à son école, retrouvait ce qui était sans doute son vrai visage  : non le diktat du nombre, mais le service du plus faible.

La leçon est encore présente. Mais il est à craindre qu’elle soit vite oubliée et que ne s’affrontent à nouveau ceux qui ont fait de la politique une mystique et ceux qui considèrent une fois pour toutes la chose publique comme nécessairement corrompue.

Que le Christ Roi nous éclaire  !

Dimanche 20 novembre

Première Lecture  : Ézéquiel 34.11-12, 15-17

Psaume 23.1-3, 5-6

Deuxième Lecture  : 1·Corinthiens 15.20-28

Évangile  : Matthieu 25.31-46.


Dimanche [20 novembre]

du Christ Roi

1. Jésus qui prend la place des bergers défaillants, qui vient au secours des brebis dispersées (lecture du livre d’ézéchiel).

➤ Adorons le Bon Pasteur, qui vient à notre secours.

Point spi  : N’abandonnons pas les âmes dont nous sommes chargés.

2. Jésus qui entraînera dans la vie toute l’humanité qui a adhéré à lui (lecture de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens). ➤ Adorons le Nouvel Adam, chef de l’humanité nouvelle.

Point spi  : Redisons-nous que le démon n’aura pas le dernier mot.

3. Jésus qui révélera les fidélités cachées et les défaillances occultées, qui mettra à jour toute la beauté de l’aventure humaine (lecture de l’évangile selon saint Matthieu).

➤ Adorons le Roi juste, notre Messie.

Point spi  : Faisons toute chose sous le regard du Christ.

Lundi [21 novembre]  :

Présentation de Marie au Temple

1. Jésus inspirateur des saints désirs, lui qui ne nous demande pas seulement de faire notre devoir, mais qui nous entraîne dans l’aventure du don total.

➤ Adorons l’Amoureux exigeant qui ne demande que l’amour.

Point spi  : Retrouvons la joie des premiers pas sur la route.

2. Jésus qui consacre même des enfants au service de sa gloire, qui ne réserve pas sa grâce aux grandes personnes ou à ceux qui se croient tels.

➤ Adorons le Petit Jésus qui fait signe à des enfants.

Point spi  : N’exigeons pas de garanties pour nous mettre en mouvement.

3. Jésus qui nous prépare en secret à ce qui nous sera demandé.

➤ Adorons le divin jardinier qui sème long­temps à l’avance des fleurs de sainteté.

Point spi  : Sachons prendre le temps des préparations.

Mardi [22 novembre]  : Discours eschatologique I (Luc 21, 5-11)

1. Jésus qui démystifie nos sujets d’admiration, qui nous apprend la fragilité de nos constructions, qui nous dit l’inconsistance de nos plus prestigieuses réalisations.

➤ Adorons la Sagesse de Dieu, qui ne s’en laisse pas conter par les discours des hommes.

Point spi  : Méfions-nous des jugements tout faits, des réputations acquises, des modes et des engouements.

2. Jésus qui nous retire toute possibilité de fixer des dates et des repères, qui nous laisse démunis face au bon plaisir du Père.

➤ Adorons le Fils tout remis au bon vouloir du Père.

Point spi  : Présentons-nous les mains vides devant l’heure de Dieu.

3. Jésus qui nous révèle l’ampleur cosmique du renouvellement qui se prépare, il ne s’agit de rien de moins que des cieux nouveaux et de la terre nouvelle.

➤ Adorons le Premier-né de toute créature, qui entraîne en son sillage toute la création.

Point spi  : Ouvrons notre cœur à ce vaste monde, ne restons pas confinés dans nos petits problèmes.

Mercredi [23 novembre]  : Discours eschatologique II (Luc 21, 12-19)

1. Jésus qui nous a si fort unis à lui que nous sommes les premiers visés par la haine du monde.

➤ Adorons l’Ami qui ne nous a pas mis à l’abri, mais qui veille sur nous.

Point spi  : Ne nous plaignons pas de la haine du monde, le serviteur n’est pas plus grand que le Maître.

2. Jésus qui veut nous garder confiants et disponibles malgré les combats, qui ne veut pas que nous nous enfermions en nous-mêmes en ne comptant que sur nos seuls moyens.

➤ Adorons l’Ami qui partage avec nous sa paix  : « je vous laisse ma paix  ».

Point spi  : Refusons la morosité et les occasions de nous déprécier.

3. Jésus qui peut s’engager sur l’avenir, qui sans nous épargner la lutte, nous donne l’assurance de son soutien intérieur.

➤ Adorons l’Ami fidèle qui nous mènera à la victoire.

Point spi  : Ne lâchons pas sur la fin, au moment où la colonne de secours arrive.

Jeudi [24 novembre]  : Discours eschatologique III (Luc 21, 20-28)

1. Jésus qui veut préserver ses disciples de la tentation d’une résistance désespérée autour des restes du passé, Jérusalem même doit être détruite  ! Nos œuvres aussi...

➤ Adorons le Maître qui peut nous dire ce qui n’a pas les paroles de la vie éternelle.

Point spi  : Ne nous cramponnons pas sur un passé qui a eu ses heures de gloire, mais qui n’était qu’une étape.

2. Jésus qui sait tout ce malheur inévitable à cause du péché, qui compatit immensément à la souffrance des petits et des faibles, victimes innocentes de la folie des hommes.

➤ Adorons le Sauveur qui voit le drame du mal et brûle d’y apporter une solution définitive.

Point spi  : Ne nous résignons pas trop vite à la souffrance des autres.

3. Jésus qui sait qu’au plus noir du drame, s’amorce le dénouement lumineux et qui, au cœur de sa Passion, n’a jamais douté de l’intervention de son Père.

➤ Adorons le Veilleur qui du lieu où il se tient voit déjà l’aurore se lever.

Point spi  : La persévérance jusqu’au bout.

Vendredi [25 novembre]  : La parabole du figuier (Luc 21, 29-33)

1. Jésus qui nous fait voir dans sa Passion et sa Résurrection les signes du Royaume qui vient  ; si l’histoire nous reste toujours aussi cachée, nous avons un moyen de tenir une clef pour déchiffrer le présent et l’avenir.

➤ Adorons le Serviteur souffrant qui sait pour quelle mission il est venu.

Point spi  : réjouissons-nous de tenir avec Lui un fil solide, un premier jalon du monde futur.

2. Jésus qui est bien plus qu’un prophète, qui sait qu’en lui s’accomplit l’irrévocable, le définitif.

➤ Adorons Celui qui est l’Alpha et l’Oméga et qui connaît le bout de la route.

Point spi  : ne laissons pas sans réponse la question de ceux qui nous disent  : pourquoi  ?

3. Jésus qui a conscience d’émettre un jugement dont les conséquences ne passeront pas. Quel homme a jamais pu parler ainsi  ?

➤ Adorons le Maître des temps et de l’histoire, dont la Parole ne passera pas.

Point spi  : attachons-nous à la foi, à la certitude de Sa victoire.

Samedi [26 novembre]  : Conseils pour maintenant (Luc 21, 34-36)

1. Jésus qui veut nous partager sa liberté face aux plaisirs et aux soucis de ce monde.

➤ Adorons Celui qui nous connaît si bien et nous entraîne dans sa vie.

Point spi  : Jetons par-dessus bord ce qui nous encombre.

2. Jésus qui veut nous garder disponibles pour l’heure de Dieu, nous tenant éveillés pour bondir, dès le premier coup de sonnette.

➤ Adorons Celui qui veille dans la nuit près de ses disciples endormis.

Point spi  : Ne faisons pas de plans à trop longue échéance.

3. Jésus qui nous invite à la prière constante près de Lui, avec lui, pour «  avoir la force  ».

➤ Adorons Celui qui ne nous lâchera pas, qui est le Dieu fidèle.

Point spi  : Restons «  collés au Saint Sacrement  ».

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