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mercredi 17 février 2010
La tentation de Jésus au désert
4. 1 Jésus revint du Jourdain rempli de l’Esprit Saint ; il se laissa conduire par l’Esprit à travers le désert 2 où, durant quarante jours, il fut tenté par le diable. De tous ces jours il ne mangea rien, et lorsqu’ils s’achevèrent il eut faim. 3 Le diable lui dit alors : « Si tu es Fils de Dieu, commande à cette pierre qu’elle devienne du pain. » 4 Jésus lui répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain. » 5 Le diable alors l’emporta et lui montra, le temps d’un clin d’œil, tous les royaumes de la terre. 6 Il lui dit : « Je te donnerai autorité sur tous ; toute cette gloire sera tienne, car elle m’a été remise et je la donne à qui je veux ! 7 Elle sera tout entière à toi si tu te prosternes devant moi. » 8 Mais Jésus lui répondit : « Il est écrit : Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu et tu n’adoreras que lui. » 9 Le diable alors le conduisit à Jérusalem. Il le plaça sur le haut du rempart du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas. 10 Car il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, pour qu’ils te gardent. 11 Et encore : Leurs mains te saisiront, de peur que ton pied ne heurte quelque pierre. » 12 Mais Jésus lui répliqua : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » 13 Le diable avait tenté Jésus de toutes les façons possibles ; il s’éloigna de lui, attendant une occasion.
© La Bible des Peuples, éd. Jubilé-Le Sarment
Chaque année, le début du Carême nous remet en présence du récit des Tentations du Christ, et non sans raison, puisque les tentations surviennent au terme d’une période de quarante jours de jeûne, dont notre Carême se veut l’héritier, lui qui longtemps a comporté effectivement quarante jours de stricte pénitence.
Mais la question se pose quand même du rapport qui existe entre ce temps d’effort sur soi-même, ce temps de purification et de conversion et l’épreuve des tentations. Faut-il que, dès que nous essayons de progresser, le Démon vienne nous chercher, pour nous entraîner dans la mauvaise voie ? On dirait qu’à chaque fois que nous essayons de faire un pas en avant, le danger nous guette et que l’Ennemi, furieux sans doute de nos bonnes résolutions, essaie de nous tirer en arrière. Est-ce la peine de faire tout cela, si le résultat, c’est de nous mettre dans la gueule du loup ? Sous le nom de tentation, on met bien des choses. « J’ai des tentations » disent parfois les pénitents en confession. Cela veut dire généralement qu’à force de jouer avec certaines idées ou images, on leur a entrouvert la porte et qu’elles sont maintenant bien installées à demeure. On voit aussi la tentation comme un piège tendu devant un pauvre malheureux qui n’a vraiment pas besoin de cette épreuve supplémentaire. Pourtant la tentation, en soi, n’est pas le péché, elle peut même avoir une valeur positive et, dans l’Ancien Testament, il n’est pas rare que Dieu lui-même mette à l’épreuve ceux qu’il aime, pour les amener à faire un acte courageux dans le sens de sa volonté (on pense à Abraham sollicité d’offrir la vie de son fils).
Dans le Nouveau Testament, elle est surtout le fait du démon, mais, même là, elle n’est pas synonyme de chute et d’échec. La tentation, si nous parvenons à l’identifier comme telle, si nous la voyons venir au lieu de rester dans une lâche inconscience, est comme un défi, qui doit nous provoquer à nous ressaisir. Plus l’attaque est grossière et la suggestion répugnante, plus elle porte la trace de celui qui ne cherche qu’une chose, nous faire perdre confiance dans l’amour ; c’est souvent la tristesse qu’il essaie de provoquer, plus même que d’amener à la transgression. Et, quand nous parvenons à le voir à temps, cette expérience nous fait réagir et nous permet de reprendre plus vigoureusement notre effort. Rien n’est pire que le calme plat, où nous avons l’illusion que rien de grave ne nous menace : c’est un piège bien plus redoutable que l’assaut direct.
Jésus lui-même affronte la tentation, et pas seulement pour nous donner une leçon de courage et de détachement. Il rencontre sur son terrain l’Ennemi du genre humain, parce que, depuis le début, c’est lui qui essaie d’entraîner les hommes vers le dégoût et la tristesse, et spécialement ceux qui commencent à prendre le chemin de l’amour de Dieu. Proie tentante pour celui qui voit dans cette générosité et cette fidélité l’antithèse du choix qu’il a fait lui-même : lui qui avait part aux plus hautes lumières, il a voulu s’approprier les dons de Dieu, troquer l’être pour l’avoir. Aussi, quand il repère une de ces petites créatures humaines, si démunies et si fragiles, qui commence à se donner à l’amour, qui échange tout son bien pour la perle fine, devient-il fou de rage et, perdant cette prudence qui lui réussit si bien d’habitude (jusqu’à faire croire qu’il n’existe pas), il se montre un peu plus à visage découvert, moins pour séduire que pour faire peur. Sa ruse pitoyable se révèle là au grand jour, comme on le voit dans les propositions absurdes qu’il fait à Jésus, utilisant des bribes de vérité pour tordre le dessein de Dieu et sa parole très sainte pour s’opposer au Verbe. Et Jésus ne triomphe pas par la force, mais du fond de sa faiblesse. Affaibli par le jeûne, touché de plein fouet par l’affront fait à Dieu, malmené par le Démon qui le transporte à droite et à gauche, il refuse d’entrer dans ses raisons, il oppose imperturbablement la parole inspirée aux suggestions de l’Ennemi qui ose lui montrer une voie courte pour triompher sans la croix. Et ainsi il nous ouvre la voie. n
Dimanche 21 février
Première Lecture : Deutéronome 26.4-10
Psaume 91.1-2, 10-15
Deuxième Lecture : Romains 10.8-13
Évangile : Luc 4.1-13
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Ière semaine de Carême
Dimanche des Tentations, dimanche où l’on nous invite à grandir dans la « connaissance » de Jésus Christ. Chacune des lectures de la semaine constitue un ensemble cohérent où tout tient ensemble (épître ou prophétie).
par le Père Michel Gitton
Premier Dimanche de Carême ©
1. Jésus qui s’est inscrit dans l’histoire d’un peuple, qui a assumé toute l’aventure d’Israël (lecture du Deutéronome).
➤ Adorons le Dieu fidèle qui nous rejoint dans son Église.
Point spi : Offrons une part des fruits de notre travail.
2. Jésus qui nous indique le pas à faire, la petite démarche qui nous fait entrer dans le chemin du salut (lecture de la lettre de saint Paul aux Romains).
➤ Adorons la Parole qui est tout près de nous, dans notre bouche et dans notre cœur.
Point spi : Donnons tout son sens à notre profession de foi.
3. Jésus qui nous entraîne avec lui au désert (lecture de l’Évangile de saint Luc).
➤ Adorons le Guide sûr qui a affronté pour nous les dangers de la route et les a surmontés.
Point spi : Restons sur nos gardes, ne nous laissons pas surprendre par la tentation.
Lundi : La chaire de Pierre (Matthieu 16, 13-19)
1. Jésus qui veut dans son Église un principe de solidité et de fermeté, qui ne veut pas nous laisser flotter « à tout vent ».
➤ Adorons le Rocher, le seul solide, sur lequel nous pouvons bâtir. Point spi : Restons attachés à la foi de l’Église Romaine.
2. Jésus qui interpelle Pierre au niveau de la foi, qui ne lui demande qu’une chose et se sert de cette profession de foi pour en faire le roc de son église.
➤ Adorons le Dieu vrai qui se révèle à nous.
Point spi : Proclamons nous aussi notre foi, ne la laissons pas dormir dans un coin.
3. Jésus qui soumet son jugement éternel à celui de son Église, qui prend au sérieux ses décisions.
➤ Adorons le Maître à l’œuvre dans son église, présent dans ses décisions, son enseignement.
Point spi : Ne séparons pas l’Église de Jésus.
Mardi de la prière filiale (Matthieu 6, 7-15)
1. Jésus qui retire peu à peu de notre prière tout ce qu’elle comporte de volonté propre, de tendance à imposer à Dieu notre volonté à nous.
➤ Adorons le Serviteur qui dit jusqu’au bout : « que ta volonté soit faite », adhérons à son obéissance filiale qui ne réclame rien pour lui.
Point spi : Apprendre à dire avec tout notre cœur « que ta volonté soit faite », aimer cette volonté.
2. Jésus qui donne une forme à la prière, où la demande se glisse dans la contemplation, où la considération de nous passe après la considération de Dieu.
➤ Adorons Celui dont la prière plonge ses racines dans la vie trinitaire, adorons le Parfait Adorateur, écoutons-le, suivons-le.
Point spi : Avoir le goût du Saint Nom de Dieu.
3. Jésus qui nous initie peu à peu à la réciprocité (« comme nous pardonnons »), comme des enfants aimés qui apprennent à se conduire en frères.
➤ Adorons Celui qui a voulu dire « nous », consi-dérons Celui qui a voulu être le Frère universel.
Point spi : Ne pas nous conduire en enfants gâtés, refuser de fermer notre cœur à ceux qui frappent à la porte et demandent pardon.
Mercredi de Jonas (Luc 11, 29-32)
1. Jésus qui frustre notre volonté d’avoir des signes, et de ne nous engager qu’à coup sûr, qui bouscule notre prétention à juger avant de nous donner.
➤ Adorons le Dieu mystérieux et décon-certant qui s’est révélé aux Pères, retrouvons la liberté d’un Dieu qui n’est pas notre chose et qui réclame notre obéissance.
Point spi : Accueillir ses appels sans discuter.
2. Jésus qui donne des signes, mais de préférence ceux que nous n’attendons pas, ceux qui ne s’éclairent que lorsqu’on a commencé à marcher avec lui.
➤ Vénérons le Verbe incarné venu nous manifester par des signes non équivoques l’Amour du Père, reconnaissons Celui qui ne nous demande pas de le chercher dans le vide (cf. Is. 45, 15-26), accueillons Sa lumière surabondante.
Point spi : Savoir lire les signes du passé, ne pas être ingrat pour les grâces reçues.
3. Jésus qui se fait pour nous le signe, le vrai : sa vie parle d’elle-même, ses gestes, ses paroles sont des ouvertures inouïes.
➤ Adorons Celui dont toute la vie « fait signe », dont toute la vie est porteuse d’une parole définitive, le Verbe.
Point spi : Voir dans l’Eucharistie le grand « signe » de son amour.
Jeudi de la supplication confiante (Matthieu 7, 7-12)
1. Jésus qui nous veut à la fois confiants et abandonnés, qui veut faire naître en nous cette audace, sans présomption, de ceux qui se savent aimés.
➤ Attachons-nous à ce Bon Maître qui nous communique le secret de Sa confiance, contemplons le Fils totalement abandonné à son Père.
Point spi : Oser tout demander.
2. Jésus qui nous invite à nous remémorer les actes antérieurs de Dieu, ses bontés passées, sans nous laisser pour autant « enjamber sur la Providence », et postuler un renouvellement automatique des grâces reçues.
➤ Vénérons Celui qui est, qui était et qui vient, neuf à chaque rencontre et fidèle à ses promesses, écoutons Celui qui a tout à nous apprendre.
Point spi : Nous redire que nous n’avons jamais été abandonnés, alors…
3. Jésus qui nous amène à traiter les autres comme nous aimerions l’être, sans nous laisser croire que nous serons payés de retour.
➤ Vénérons Celui qui nous donne des frères à aimer et à servir, qui a voulu nous établir dans sa famille, notre grand Frère.
Point spi : Donner sans attendre, partager notre joie même dans les larmes.
Vendredi de la conversion sans délai (Matthieu 5, 20-26)
1. Jésus qui donne une ampleur dramatique à ce que nous jugeons des peccadilles, qui nous révèle la profondeur du mal et le prix de l’amour.
➤ Reconnaissons l’Innocent, celui qui n’a aucune complicité avec le mal, adorons le Très-Saint.
Point spi : Examiner sérieusement notre vie.
2. Jésus qui exige un changement d’attitude pour tout de suite, qui n’accepte pas les longs compromis.
➤ Vénérons l’Ami exigeant, qui ne peut supporter de nous voir stagner, reconnais-sons le feu qui brûle Son cœur.
Point spi : Ne pas remettre à demain les choix nécessaires.
3. Jésus qui croit possible un renouveau de nos vies et de nos relations à nos frères, qui croit à la conversion, au progrès, aux larmes.
➤ Contemplons Sa manière visionnaire de regarder nos vies, accueillons la confiance qu’Il nous fait, lui le Voyant.
Point spi : Retrouver la foi en un avenir lumineux.
Samedi de l’amour des ennemis
(Matthieu 5, 43-48)
1. Révélation de l’honneur de Dieu : l’homme est fait pour rendre présente la sainteté de Dieu sur la terre ; notre existence « naturelle » est, en réalité, une vocation.
➤ Adorons Celui qui a avec son Père une telle ambition pour nous, Celui à l’image de qui nous avons été faits.
Point spi : Pourquoi suis-je sur terre ? nous poser la question.
2. Révélation du prix de la vie humaine : Dieu l’évalue très haut, Jésus a payé le maximum, même le pécheur endurci n’est pas tenu à l’écart des dons de Dieu.
➤ Considérons Jésus venu donner sa vie en rançon pour la multitude, Jésus offert pour les pécheurs, étonnons-nous de ce goût fort qu’Il a pour notre expérience humaine.
Point spi : Ne pas mal parler de notre humanité.
3. Révélation de la joie du ciel : Jésus ressent en lui cette joie pour le pécheur revenu, le mal-croyant converti, etc.
➤ Adorons le Témoin de la joie du Ciel, l’époux comblé par le retour de son épouse infidèle.
Point spi : Accueillir généreusement la moindre trace de repentir chez nos frères. n