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18e DIMANCHE ORDINAIRE (année C)

dimanche 25 juillet 2010

S’enrichir selon Dieu

12. 13 Du milieu de la foule quelqu’un lui dit  : «  Maître, dis à mon frère de partager avec moi l’héritage.  » 14 Jésus lui répondit  : «  Mon ami, qui m’a établi juge ou arbitre entre vous  ?  »

15 Il ajouta  : «  Soyez bien en garde contre tout désir de posséder, car même quand on a tout, ce n’est pas cela qui donne la vie.  » 16 Et Jésus leur dit cette parabole  : «  Il y avait un homme riche dont le domaine avait bien rapporté. 17 Il commence alors à se demander  : "Que vais-je faire  ? Je n’ai pas où engranger toute ma récolte." 18 Et il se dit  : "Voilà ce que je vais faire  : je mettrai par terre mes greniers et j’en bâtirai de plus grands, j’y entasserai tout mon blé, tous mes biens, 19 et je n’aurai plus qu’à me dire  : Mon gaillard, tu as là des tas de choses en réserve pour beaucoup d’années  ; repose-toi, mange, bois et fais la fête  !"

20 Mais Dieu lui dit  : "Tu es fou  ! Cette nuit-même on va te réclamer ta vie, qui va recueillir ce que tu as préparé  ?" 21 Cela vaut pour quiconque cherche à se faire des réserves, au lieu d’accumuler pour Dieu.  »

© BIBLE DES PEUPLES


Même ceux qui ont peu de connaissance de la Bible savent cela par cœur  : «  Vanité des vanités et tout est vanité  », dit l’Ecclésiaste  ! Mais qu’est-ce que ça vient faire dans les écritures chrétiennes  ? Remarquons d’abord que le mot vanité n’a pas son sens moderne, qui en fait une sorte de doublet de l’orgueil (la vanité, c’est se vanter des avantages qu’on n’a pas, alors que l’orgueil, c’est faire la même chose avec des avantages réels, - ce qui n’est pas mieux, car tout est don de Dieu  !). Ici le terme a son sens ancien  : est vain ce qui ne débouche sur rien, qui n’apporte aucun avantage, la vanité  ; c’est la nullité, l’inutilité. Il peut sembler bien étrange que la Parole de Dieu cherche à nous convaincre de l’inutilité de nos efforts, alors que la Loi de Moïse, tout autant que l’évangile, nous persuade que Dieu attend quelque chose de nous  : «  Ce ne sont pas ceux qui disent "Seigneur  ! Seigneur  !…" mais ceux qui font la volonté de Dieu…  ». Alors  ?

Si la Bible a accueilli en son sein, à côté de la Loi et des Prophètes, la parole des sages, c’est que ceux-ci avaient quelque chose de très précieux à nous dire  : ils sont là pour nous montrer que, partenaires de Dieu, nous sommes des êtres humains doués d’une certaine intelligence et que Dieu ne néglige pas cet effort de réflexion sur notre vie, c’est lui qui prépare et accompagne la réception de ses exigences. Or, dans cette Sagesse, il y a deux parts  : la mise en valeur positive de l’expérience, du travail, de l’intelligence, mais il y a aussi une prise en compte de nos limites, de nos fragilités, de notre impuissance à vraiment diriger notre vie et à capitaliser nos résultats. Ce dernier volet est particulièrement souligné dans le livre de l’Ecclésiaste, que nous aimons mieux appeler maintenant Qohélet, d’après le terme hébreu. Mais on le trouve aussi dans le livre de Job, qui affronte sans sourciller le terrible problème du mal et de la souffrance.

Constatons-le  : nous n’avancerons jamais beaucoup dans notre chemin sur terre, si nous nous figurons que nous pouvons bâtir notre avenir à la manière d’un PDG qui gère une entreprise, prévoit des investissements et compte sur des rentrées régulières. Trop d’in­connues nous enveloppent pour que nous puissions nous appuyer sur cette confiance naïve dans nos résultats. Et ce qui est vrai au plan de nos activités extérieures est encore plus vrai de notre chemin intérieur pour suivre les appels de Dieu. Notre vie morale, malgré toutes nos bonnes résolutions, n’obéit pas toujours ni complètement à notre volonté, nos progrès sont très relatifs et d’invraisemblables aberrations sub­sistent chez les meilleurs. Ce n’est pas nous décourager de faire des efforts, de même que le livre de l’Ecclésiaste ne renonce pas à nous proposer une vie vertueuse, mais c’est nous inciter à avoir une vive conscience de nos limites et de notre impuissance fondamentale, pour nous jeter d’ores et déjà dans les bras du Bon Dieu.

C’est sur ce terrain, réaliste, que nous avons des chances d’avancer, enfin.

Dimanche 1er août.

Première Lecture  : Qohélet 1.2  ; 2.21-23

Psaume 90.3-17

Deuxième Lecture  : Colossiens 3.1-11

Évangile  : Luc 12.13-21.

XVIIIe Dimanche

1. Jésus qui nous fait prendre conscience de la vanité de notre vie tournée sur nous-mêmes (lecture de l’Ecclésiaste).

➤ Adorons la Sagesse incarnée qui nous ouvre les yeux.

Point spi  : Ne croyons pas que nous ferons mieux que les autres.

2. Jésus qui nous fait prendre conscience que notre vie peut être logée en lui (lecture de la lettre aux Colossiens).

➤ Adorons le Seigneur couché dans le tombeau attendant dans la confiance l’Heure du Père.

Point spi  : Restons confiants et abandon-nés entre les mains de notre Père du ciel.

3. Jésus qui nous incite à «  être riche en vue de Dieu  », à amasser pour le Royaume (lecture de l’évangile de saint Luc).

➤ Adorons le Seigneur de Gloire, qui nous fait entrer dans sa plénitude. Point spi  : Ne thésaurisons pas, donnons encore et toujours.

Lundi  : la multiplication des pains (Matthieu 14, 13-21)

1. Jésus qui veut se retirer dans un lieu désert et qui est rattrapé par les foules.

➤ Adorons l’Ami qui, nous ayant entraîné dans sa solitude avec le Père, nous associe à sa mission.

Point spi  : Ne nous dérobons pas à ceux qui nous demandent.

2. Jésus qui a pitié et qui guérit largement.

➤ Adorons le Consolateur qui soigne nos blessures.

Point spi  : Prolongeons ses mains vers les cœurs brisés et les corps souffrants.

3. Jésus qui associe ses disciples au miracle qu’il veut faire.

➤ Adorons le Maître de maison qui confie une responsabilité à chacun. Point spi  : Mettons dans le coup ceux qui commencent à servir Jésus.

Mardi  : Jésus marche sur les eaux (Matthieu 14, 22-36)

1. Jésus qui laisse ses Apôtres faire l’expérience de leurs limites, et de la résistance des éléments.

➤ Adorons le Maître qui ne nous dispense pas de l’épreuve pour nous faire grandir.

Point spi  : Ne nous substituons pas toujours aux autres, laissons-les aller jusqu’au bout de leur chemin.

2. Jésus qui vient rejoindre les siens, «  courage, c’est moi  !  », il ne les laisse pas longtemps dans la tristesse, et se hâte de les réconforter.

➤ Adorons l’Ami qui vient vite à notre secours.

Point spi  : Ne faisons pas attendre ceux qui sont dans la détresse.

3. Jésus qui accepte la demande incon­sidérée de Pierre et qui rend possible son audace.

➤ Adorons l’Audacieux qui nous par­tage son audace divine.

Point spi  : Soyons fous nous aussi et demandons à Jésus de marcher avec lui sur les eaux.

Mercredi  : la femme syrophéni­cienne (Matthieu 15, 21-28)

1. Jésus qui sort des limites d’Israël, qui va au-devant de ce vaste monde, tout en restant fidèle au choix de Dieu pour le Peuple élu.

➤ Adorons le Créateur du ciel et de la terre qui a voulu se lier à cette histoire particulière.

Point spi  : Découvrons le monde, sans perdre de vue notre lien à l’église.

2. Jésus dont le refus est pour les hommes une invitation à approfondir leur demande.

➤ Adorons Celui qui n’écarte jamais nos prières que pour mieux les exaucer.

Point spi  : Acceptons que le Seigneur nous rabroue pour nous faire avancer.

3. Jésus qui se rend devant la foi de cette femme, qui admire sa confiance et son humilité.

➤ Adorons Celui qui admire et s’étonne.

Point spi  : Obtenons tout en redoublant de confiance.

Jeudi  : la confession de Césarée et la première annonce de la Passion (Matthieu 16, 13-23)

1. Jésus qui veut amener ses disciples à une affirmation claire de leur foi, qui les provoque à une réponse personnelle.

➤ Adorons le Dieu de Vérité qui dissipe les ombres et met toute chose dans la lumière.

Point spi  : Ne nous contentons pas d’opinions quand il s’agit de l’essentiel.

2. Jésus qui établit son église sur la foi de Pierre, qui ne lui donne pas d’autre assurance pour l’avenir.

➤ Adorons le «  Rocher d’Israël  » qui nous donne ce roc où nous appuyer. Point spi  : Ne craignons pas l’avenir  : le Christ nous a donné ce qu’il faut.

3. Jésus qui n’a pas peur de résister en face à celui qui cherche à le tenter en lui offrant une autre voie que celle du sacrifice.

➤ Adorons le Messie souffrant qui ne veut en aucun cas se séparer de la volonté du Père.

Point spi  : Ne demandons pas d’autre chemin que celui qui nous est tracé à la suite de Jésus souffrant.

Vendredi  : Transfiguration (en saint Luc)

1. Jésus qui entraîne dans sa prière les trois privilégiés, Jésus qui nous fait rentrer dans le secret de sa vie avec le Père.

➤ Adorons l’Orant, le parfait Adorateur, qui suscite des adorateurs en esprit et en vérité.

Point spi  : Recherchons le silence avec Jésus.

2. Jésus qui leur fait voir toute la beauté et la clarté de son être baigné par la lumière du Père.

➤ Adorons l’Homme-Dieu, au visage resplendissant de lumière.

Point spi  : Ne nous lassons pas de repasser dans notre cœur les scènes de l’évangile.

3. Jésus que le Père nous dit d’écouter, qui nous conduit jusqu’à l’obéissance qui est la sienne (son «  départ  », son exode).

➤ Adorons le Fils, qui nous entraîne dans son exode.

Point spi  : Recevons jour après jour les consignes pour la route.

Samedi  : la guérison de l’enfant possédé (Matthieu 17, 14-20)

1. Jésus qui est bien vite replongé dans l’agitation humaine, les cris et les revendications (nous sommes juste après la Transfiguration).

➤ Adorons le Maître si fort, si solide au milieu des péripéties humaines. Point spi  : Restons près de Jésus sans le fatiguer de nos récriminations.

2. Jésus qui guérit, qui met en fuite le démon en le dissociant de sa victime.

➤ Adorons l’homme fort qui s’empare des dépouilles de l’ennemi. Point spi  : Sachons voir que certaines choses sont en nous sans nous.

3. Jésus qui nous porte à tout attendre et à tout demander dans la prière.

➤ Adorons le Fils parfaitement remis à son Père.

Point spi  : Soyons assez fous pour demander l’impossible.

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