Adimpleo
Jean-Paul II écrivait en 1983 au moment du Jubilé de la Rédemption décidé cette année-là : « La Rédemption ouvre devant nous le livre magnifique de notre solidarité avec le Christ souffrant et, en lui, nous introduit dans le mystère de notre solidarité avec nos frères souffrants. Ce Jubilé de la Rédemption nous fera vivre plus intensément la communion des saints. Les souffrances humaines sont le lot commun à tous : chacun a sa propre part à donner à la Rédemption qui, bien qu’ayant été accomplie une fois pour toutes, a besoin de ce mystérieux complément, de l’offrande du si lourd fardeau constitué par les maux et les souffrances de l’humanité » et il citait à l’appui la phrase de saint Paul que nous trouvons dans la lecture de ce dimanche : « Adimpleo : j’accomplis dans ma propre chair ce qu’il reste à souffrir des épreuves du Christ, pour son corps qui est l’église » (Colossiens 1, 24).
Pas facile d’expliquer ce « mysté-rieux complément ». Le Christ n’aurait-il pas tout donné ? Son offrande aurait-elle encore besoin de nos petits sacrifices et de nos faibles mortifications ? Pouvons-nous faire mieux que lui ? Pourtant, saint Paul est formel, il y a bien quelque chose à ajouter, il parle même du Corps qui « complète la plénitude du Christ » (éphésiens 1,23), un joli paradoxe ! C’est qu’en fait la plénitude du Christ, ce n’est pas un résultat tout près qui nous tomberait dessus par hasard, une délivrance qui, ne nous ayant rien coûté, nous resterait extérieure, c’est une promotion qui met en branle notre liberté, un nouveau statut dans lequel Jésus nous prend comme collaborateurs, et daigne prendre au sérieux nos efforts encore infirmes pour les associer à sa force à lui ! C’est tout le fondement de la communion des saints, nous explique le Pape : nous sommes bel et bien connectés les uns avec les autres. Là où le péché nous tenait isolés et de Dieu et de nos frères, renfermés en nous-mêmes, nous réapprenons à ne pas être seuls, nous nous découvrons membres du Christ qui, ayant mérité pour nous le salut, nous fait bénéficier de sa justice surabondante et nous permet en conséquence d’œuvrer avec lui, mais de plus nous voyons que cela s’étend à nos frères, membres du même corps : nous devenons à même de bénéficier des dons des autres et nous pouvons à notre tour contribuer à leur avancée.
Si nos prières et nos actes de renoncement peuvent servir à nous-mêmes et à autrui, ce n’est pas que nous aurions à payer quelque chose en plus de la rédemption par la croix, c’est parce que, bénéficiant du don surabondant du Seigneur, nous sommes élevés à une certaine ressemblance avec lui, capables de donner (un peu) notre vie avec lui, pour lui. Et c’est une bonne nouvelle et un programme exaltant. On a découvert après sa mort que Jean-Paul II ne se payait vraiment pas de mots en ce domaine. On savait déjà ses nuits de veille, ses longues prières prosterné par terre, mais on découvrait en plus ses gestes de mortification, qui nous font un peu peur, mais nous prouvent le sérieux de son amour. N’aurait-il pas, sans cela, changé la face de notre monde ?
à chacun de nous d’entendre cet appel selon ses forces et sa grâce, mais aucun de nous n’est dispensé d’achever en sa chair le travail commencé par Jésus, pour son Corps qui est l’église.
Dimanche 18 juillet.
Première Lecture : Genèse 18.1-10
Psaume 15.2-5
Deuxième Lecture : Colossiens 1.24-28
Évangile : Luc 10.38-42.
16e semaine du temps ordinaire
XVIe Dimanche
1. Jésus qui s’offre à notre prière et à notre adoration, avec le Père et le Saint-Esprit (lecture de la Genèse).
➤ Adorons le Fils dans l’éblouissement de la vie divine.
Point spi : Soyons généreux si nous voulons que Dieu s’arrête chez nous.
2. Jésus dont le mystère a été longtemps tenu caché (lecture de la lettre aux Colossiens).
➤ Adorons le Verbe incarné révélé à la plénitude des temps. Point spi : Entrons dans une communion vitale avec Jésus par la prière et la pénitence.
3. Jésus qui donne double part à celle qui se tient là et qui écoute (lecture de l’évangile de Saint Luc).
➤ Adorons l’Hôte de nos cœurs.
Point spi : Ne nous laissons pas détour-ner de l’essentiel.
Lundi : le signe de Jonas
(Matthieu 12, 38-42)
1. Jésus qu’on provoque à donner un signe, qu’on met au défi de répondre à l’attente des hommes.
➤ Adorons le Dieu Sage qui sait ce qui est bon pour nous et que nous n’avons pas à « tenter ».
Point spi : N’exigeons pas de Dieu la réponse qui nous arrange.
2. Jésus qui est le vrai signe donné au monde, dont toute la vie est un signe parlant à qui sait voir.
➤ Adorons Celui qui est bien plus que Salomon, celui vers qui ont marché tous les chercheurs de Dieu.
Point spi : Ne soyons pas aveugles aux signes que Dieu a déjà mis sur notre chemin.
3. Jésus dont la résurrection cachée est le vrai signe donné aux hommes, lui qui a connu la plus prodigieuse intervention de Dieu qui soit.
➤ Adorons le Ressuscité qui déjoue tous les calculs des hommes.
Point spi : Redisons sans nous lasser la bonne nouvelle : Il est vivant !
Mardi : la vraie parenté de Jésus (Matthieu 12, 46-50)
1. Jésus que revendiquent les siens, Jésus sur qui les proches estiment avoir des droits.
➤ Adorons le Verbe incarné qui s’est lié à une famille humaine. Point spi : Soyons solidaires des nôtres mais gardons notre liberté spirituelle.
2. Jésus qui ne se laisse pas arrêter dans sa mission, qui va de l’avant, oubliant le chemin parcouru.
➤ Adorons l’Envoyé du Père, qu’aucun canton du monde ne peut enfermer.
Point spi : élargissons nos horizons au-delà de nos premières expériences.
3. Jésus fondateur d’une nouvelle famille, où on entre par la foi et le baptême.
➤ Adorons le grand frère, qui veut vraiment partager notre vie. Point spi : Sentons-nous proches de tous les vrais chrétiens.
Mercredi : la parabole du semeur (Matthieu 13, 1-9)
1. Jésus qui nous enseigne beaucoup de choses en paraboles.
➤ Adorons la Sagesse qui se dit en images, que nous pouvons atteindre à travers mille figures.
Point spi : Prenons le temps de nous laisser conduire, ne demandons pas des explications faciles et immédiates.
2. Jésus qui nous parle du risque fou pris par Dieu, de la prodigalité infinie de son œuvre, où sa grâce est répandue sans mesure.
➤ Adorons le Fils témoin de l’immensité du Don de Dieu.
Point spi : Nous aussi ne travaillons pas à l’économie, dépensons sans compter nos efforts pour le salut de nos frères.
3. Jésus qui nous dit l’échec premier d’une bonne partie des semailles.
➤ Adorons le divin Semeur qui accepte de voir une partie de son œuvre devenue inutile.
Point spi : Ne nous arrêtons pas aux échecs et aux rebuffades.
Jeudi : Fête de Sainte Marie Madeleine
1. Jésus qui en toute pureté de cœur a accepté les marques d’affection de la pécheresse.
➤ Adorons Celui qui accepte notre amour et y trouve sa joie. Point spi : Sachons quelquefois recevoir ce que les autres ont à nous donner.
2. Jésus qui a éduqué Marie en lui permettant un don toujours plus grand et plus vrai.
➤ Adorons le Maître qui nous apprend à aimer. Point spi : Apprenons à l’école de Jésus le détachement nécessaire. 3. Jésus qui a fait de Marie l’ « apôtre des apôtres ».
➤ Adorons Celui qui donne à chacun une vocation.
Point spi : Ne nous dérobons pas à la mission que Dieu veut pour nous.
Vendredi : explication de la parabole du semeur (Matthieu 13, 18-23)
et Sainte Brigitte (Fête en Europe)
1. Jésus qui se fait lui-même l’exégète de ses propres paroles devant ses disciples incompréhensifs.
➤ Adorons le divin Rabbi qui nous explique la Parole.
Point spi : N’ayons pas peur de redire et d’expliquer.
2. Jésus qui nous révèle l’aventure mystique que constitue cet accueil de la Parole (la « parole semée dans vos cœurs »).
➤ Adorons Celui qui est plus grain que semeur, qui se glisse dans nos cœurs.
Point spi : Gardons une intériorité au milieu de ce monde qui veut nous la ravir.
3. Jésus qui sait nos tentations, notre inconstance, mais qui nous amène à cette écoute fidèle et confiante de sa Parole.
➤ Adorons le Conseiller intime qui nous connaît si bien. Point spi : N’en restons pas à une écoute routinière et blasée.
Samedi : la parabole de l’ivraie (Matthieu 13, 24-30)
1. Jésus pour qui le Royaume est affaire de croissance, de germination ; qui ne connaît aucun arrêt, aucune sclérose. ➤ Adorons le Prince de la Vie.
Point spi : Ne nous posons pas de questions insolubles, attendons l’heure de Dieu.
2. Jésus qui n’a pas peur de nous dire que quelque chose a pu perturber l’œuvre du Père, que tout n’est pas écrit d’avance.
➤ Adorons l’Innocent désarmé devant le mal.
Point spi : N’attribuons pas à Dieu la responsabilité du mal.
3. Jésus qui est sûr de la victoire finale, de la grande clarification des derniers temps
➤ Adorons le Juge des derniers temps, témoins de la victoire de Dieu. Point spi : Aidons les plus faibles à tenir, en attendant la délivrance. n


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