Il n’y a plus l’homme et la femme. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Saint Paul dans le célèbre passage où il parle de la condition nouvelle des baptisés : « Vous tous que le baptême a unis au Christ, il n’y a plus ni juif ni païen, ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus ! ». Magnifique certes, mais un peu problématique. Saint Paul, emporté par son élan, n’aurait-il pas confondu les distinctions issues du péché (comme celles qui résultent de l’esclavage) et d’autres plus légitimes et destinées à durer, même dans la vie chrétienne ? Après tout, n’est-ce pas lui qui, à propos de l’élection d’Israël, déclare qu’elle est un don de Dieu « sans repentir » (Romains 11,29) ? Et quant à la distinction homme-femme, il n’a pas l’air de la considérer comme une donnée négligeable, puisqu’il l’applique aux relations du Christ et de l’Église (voir par ex. Éphésiens 5)… Le christianisme est tout le contraire d’une idéologie simpliste, comme il y en a tant sur le marché. Sur cette question comme sur d’autres, la vérité n’est pas à chercher dans une affirmation univoque qui élude la richesse des données posées par le Créateur. Oui, il nous faut commencer par affirmer que la distinction de l’homme et de la femme n’est pas secondaire, qu’elle est un fait de nature, qui tient au plus profond de notre humanité. Quels que soient les traits culturels qui se sont sédimentés autour de cette distinction première, très variables selon les temps et les lieux, souvent enveloppés du péché qui a défiguré la relation de l’homme et de la femme, nous n’accepterons jamais de dire avec Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient. » Il y a une féminité, voulue comme telle par Dieu, comme il y a une masculinité. Certes on ne peut définir l’une et l’autre de manière abstraite, et surtout pas en les réduisant à des caricatures. Cette complémentarité joue de façon souple et se voit surtout dans ce qui est normalement l’œuvre commune d’un homme et d’une femme : l’accueil, puis l’éducation de l’enfant. Mais notre époque a tout intérêt à retrouver, décapée de ses contrefaçons, la vérité de notre humanité où la distinction féconde de l’homme et de la femme est le fondement de la vie sociale, comme de la vie en église. Pour autant, nous n’oublierons pas que tout n’est pas dit par là. Il y a une humanité commune selon laquelle chacun de nous se trouve situé au départ comme personne unique face à Dieu. En nous offrant le salut en son Fils, il ne nous demande pas d’abord si nous sommes homme ou femme, il nous prend dans cette unicité qui est la nôtre et nous propose d’entrer dans la vie nouvelle qu’il nous offre. Sans doute l’accueil que nous faisons les uns et les autres à l’amour de Jésus est marqué par ce que nous sommes, et notamment par la différence homme-femme : il y a incontestablement une spiritualité féminine et une spiritualité masculine, la vie des saints nous le montre clairement et, à trop le négliger, on a souvent méconnu ce que les hommes (au sens masculin du terme) portent de valeurs propres dans leur chemin vers Dieu. Mais la cloison n’est pas étanche et, fort heureusement, un homme peut profiter de l’enseignement de sainte Thérèse d’Avila et une femme se nourrir de saint Jean de la Croix ! Notre identité chrétienne est malgré tout plus forte que toutes les différences de nature et c’est cela qu’essaie de nous dire saint Paul. Si Jésus n’a pas peur de se dire lui-même l’Époux (Luc 5,34 etc.), cela veut dire (entre autres) que nous sommes tous promis à une union avec lui qui se dit en termes féminins, et cela même pour des hommes ! Nous touchons là ce qui est sans doute une des difficultés mais aussi une des richesses les plus étonnantes de notre vision chrétienne de l’homme. C’est que nous devons sans cesse nous battre sur deux fronts : affirmer d’un côté qu’il y a une nature humaine stable, dont Dieu a la clef et qu’on ne peut méconnaître sans provoquer des graves désordres dans l’humanité, mais en même temps nous avons toujours à faire une place à la personne, à son cheminement unique et à sa manière non écrite à l’avance de se réaliser. Aucun « personnalisme » ne peut faire l’économie de la nature, sous peine d’entraîner l’homme dans un arbitraire destructeur : avant d’être époux ou épouse, l’être humain doit accepter d’avoir un Père dans le ciel (et des parents sur la terre) : c’est en recevant son être, en acceptant de ne pas être la source, qu’il pourra apprendre à se donner librement. Mais réciproquement aucune défense de l’ordre naturel ne pourra étouffer l’appel à la liberté que le Christ nous a fait entendre…
Dimanche 20 juin. 12e dimanche ordinaire. Première Lecture : Zacharie 12.1-11 ; 13.1, Psaume 63.2-6, 8-9, Deuxième Lecture : Galates 3.26-29, Évangile : Luc 9.18-24.
12e semaine du temps ordinaire
XIIe Dimanche
1. Jésus que nous avons transpercé, mais qui est toujours donné pour nous, source jaillissante de vie (lecture du livre de Zacharie).
➤ Adorons l’Agneau immolé offert sur l’autel de la Croix.
Point spi : Ne détournons pas trop vite le regard.
2. Jésus qui nous renouvelle si complè-tement qu’il n’y a plus ni juif ni grec (lecture de la lettre de saint Paul aux Galates).
➤ Adorons le Sauveur qui nous fait renaître tout neufs dans son sang. Point spi : Ne nous accrochons pas à nos différences.
3. Jésus qui nous entraîne dans un acte de foi sans réserve, et qui nous fait participer à son sacrifice (lecture de l’Évangile selon saint Luc).
➤ Adorons le Maître qui nous pose la question de confiance. Point spi : Répondons-Lui un oui décidé.
Lundi : Ne pas juger (Matthieu 7, 1-5)
1. « Ne jugez pas » Jésus qui voit toutes les déformations autour de cette merveilleuse faculté de juger qu’il nous a donnée, qui déplore les étroitesses et les blocages.
➤ Adorons notre vrai Juge, lui si misé-ricordieux, si prompt à voir les raisons de nos faiblesses.
Point spi : Remettons notre jugement au Christ.
2. « Pourquoi vois-tu la paille ? » Jésus qui se désole de notre rapidité à repérer les manques (vrais ou supposés) des autres, qui voit nos a priori, nos préjugés.
➤ Adorons celui qui a accepté de se laisser bander les yeux dans sa Passion.
Point spi : Situons le détail désagréable dans son ensemble.
3. « Enlève d’abord la poutre » Jésus qui constate notre aveuglement sur nous-même, notre peu de discernement sur notre cas.
➤ Adorons celui qui, tout saint qu’il soit, s’est présenté en pénitent au Baptême de Jean.
Point spi : Rentrons en nous-mêmes quand les autres nous choquent, pour voir notre péché personnel.
Mardi : La règle d’or (Matthieu 7, 6.12-14)
1. « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré » Jésus qui ne veut pas nous voir dilapider notre trésor, galvauder notre histoire avec lui, perdre notre privilège.
➤ Adorons celui qui s’est fait proche sans jamais compromettre la dignité de son lien sacré avec le Père.
Point spi : Ne racontons pas sans motif notre vie avec Jésus.
2. « Tout ce que vous voulez que les autres fassent pour vous… » Jésus qui nous apprend à nous mettre à la place des autres, à ne pas nous prendre pour le centre du monde.
➤ Adorons Celui qui tout en étant le Centre a accepté de se décentrer pour nous faire de la place.
Point spi : Ne pas réclamer de traitement de faveur.
3. « Entrez par la porte étroite » Jésus qui ne nous dissimule pas les exigences, qui nous dit le chemin, même rude.
➤ Adorons Celui qui est la Porte des Brebis, porte unique, point de passage obligé.
Point spi : Ne nous habituons pas à prendre nos aises, à nous laisser servir.
Mercredi : les faux prophètes (Matthieu 7, 15-20) + Vigile Nativité de Saint Jean Baptiste
1. « Soyez en garde contre les faux prophètes » Jésus qui sait quels combats auront lieu au sein même de son Église, qui veut nous prémunir contre les erreurs et les gauchissements.
➤ Adorons le Maître qui nous forme, mais qui fait aussi une incroyable confiance à notre discernement.
Point spi : Sans soupçons a priori, mais avec lucidité.
2. « C’est à leurs fruits que vous les recon-naîtrez » Jésus qui nous met en garde contre un optimisme illusoire, mais qui nous donne un critère à Lui pour discerner.
➤ Adorons le Maître qui ne s’en laisse pas compter, qui ne couvre pas toute initiative.
Point spi : N’accueillons pas n’importe quelle inspiration, faisons le tri.
3. « Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits » Jésus qui peut seul savoir ce qu’est un « bon » arbre, qui seul peut voir sur la durée.
➤ Adorons celui qui est le « bois vert », toujours fécond, à côté des bois morts que l’on coupe et jette au feu.
Point spi : Trouvons notre fécondité dans la croix.
Jeudi : Nativité de Saint Jean Baptiste
1. Jésus qui s’est fait précéder d’un envoyé.
➤ Adorons le Grand Roi, qui envoie d’a-bord son Serviteur devant lui.
Point spi : Acceptons d’être nous-mêmes pour notre apostolat les précurseurs du Messie dans les âmes.
2. Jésus, qui a fait merveille dès le début pour son messager, la naissance de celui-ci est plus entourée que la sienne.
➤ Adorons Celui qui s’efface dès le début devant son Serviteur.
Point spi : Ne réclamons pas de traitement de faveur.
3. Jésus qui se retire et laisse Saint Jean Baptiste trouver sa voie.
➤ Adorons l’Époux qui ne vient qu’au temps fixé.
Point spi : Ne faisons pas preuve d’impatience.
Vendredi : Le lépreux guéri (Matthieu 8, 1-4)
1. Jésus qui descend de la montagne et se trouve tout de suite affronté à la laideur de la lèpre, pour lui si expressive de ce qui ronge nos vies.
➤ Adorons le Tout Pur affronté à la laideur du monde. Point spi : Acceptons de rejoindre les vies
défavorisées pour leur partager la Consolation de Dieu.
2. Jésus, qui « veut » et qui « peut », qui rend toute proche la sollicitude de Dieu.
➤ Adorons le Fils qui agit avec la Toute Puissance du Père.
Point spi : Rejoignons l’intention du Christ, coulons-nous dans son projet sur les âmes et sur les corps.
3. Jésus qui renvoie aux prêtres du Temple, qui fait la passe.
➤ Adorons le Serviteur du dessein paternel, qui n’est pas venu abolir, mais accomplir.
Point spi : Ne nous croyons pas indispen-sables.
Samedi : Guérison du serviteur du Centurion (Matthieu 8, 5-17)
1. « Je vais aller moi-même le guérir » Jésus qui se met en mouvement, qui ne se protège pas, qui vient au-devant de ceux qui souffrent.
➤ Adorons le Verbe fait chair venu partager notre condition jusqu’au bout.
Point spi : Ne faisons pas attendre ceux qui nous demandent de l’aide. 2. « Je n’ai jamais trouvé une telle foi ! » Jésus qui sait admirer, qui sait voir la foi du centurion.
➤ Adorons le Dieu qui s’étonne devant sa créature, qui considère avec joie ses progrès.
Point spi : Sachons, nous aussi, admirer les autres.
3. « Il a pris nos infirmités » Jésus qui ne s’est pas contenté de toucher de l’extérieur nos maux, mais qui les a pris sur lui.
➤ Adorons le Serviteur qui s’est fait « péché » pour nous. Point spi : N’ayons pas dégoût de misères où gisent nos frères.


envoyer par mail